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La culture et moi….

 

S’il y a bien une chose que le confinement m’a fait découvrir, c’est que l’art et la culture sont indispensables à mon bien être physique, et surtout mental !

Dans une ancienne vie, j’étais la fille qui prenait un avion pour aller à Londres pour un WE, voir des copains jouer dans un tout petit théâtre… juste pour le plaisir du voyage culturel et pour voir l’art à “l’État pur” (et un peu pour me la péter, je dois le reconnaître). 

J’ai découvert cette nécessité vitale de l’art lors du déconfinement ; la première fois que j’ai entendu de la musique en live, dans la rue. J’étais tellement émue, remuée au fond de mes entrailles, les larmes aux yeux de bonheur !! j’ai pris conscience de la place aux premières loges de l’art et de la culture dans ma vie. 

Depuis, j’ai un abonnement à l’artothèque, le mur de mon salon accueille un nouvel artiste tous les 3 mois. Je vais au théâtre, plus qu’avant, je guette les expos temporaires, et j’ai même initiée mes 3 ados aux concerts très, très classiques (elles savent maintenant qu’on applaudit à la fin du concert et pas à chaque fin de morceau ). 

Dernièrement, j’ai fais plusieurs déplacements pro à Paris et j’en ai profité presque à chaque fois pour jouir de la vie culturelle locale. C’est donc tout naturellement que début juillet je suis allée voir l’expo temporaire de la fondation Cartier. Ron Mueck, artiste australien vivant à Londres, expose 6 œuvres, pendant 6 mois. 

Ne connaissant pas l’artiste, j’ai donc abordé l’expo avec un coeur large et généreux, celui de la débutante qui se laisse toucher et émouvoir. 

Et je me suis laissée toucher, surprendre par ces œuvres, certaines que je qualifierai de dérangeantes, d’autres de surprenantes….

J’étais bien…. heureuse !

L’oeuvre qui m’a le plus fascinée était monumentale : plusieurs dizaines de crânes, énormes, moulés en résine, tous fait à la main, tous différents… exposés dans une immense salle. Le gros argument “commercial” de l’expo était justement autour de cette oeuvre qui sortait pour la  première fois… d’Australie. 

Ma p’tite conscience écolo s’est réveillée et j’ai posée des questions pour savoir comment tout ceci était arrivé en France ?

“emballés un par un dans des caisses individuelles, par bateau, puis probablement par camion jusqu’à la fondation. . 

Ma petite calculatrice carbone intégrée a essayé de faire un rapide calcul (en vain), et je me suis demandée si ça valait vraiment le coup quand même tout ça pour quelques crânes ?? si émouvants soient-ils ?

J’ai alors demandé en toute innocence, si l’expo partait en tournée européenne ensuite ? puisqu’elle est sur le vieux continent ? Et non…

Quelques jours plus tard, j’ai animé un atelier 2t pour une structure culturelle, j’ai donc un peu creusé le sujet, j’ai regardé le rapport “décarbonnons la culture” du shift project 

Nous en avons parlé lors de l’atelier, le phénomène de « starisation » avec ses petits et gros caprices a été longuement abordé. En effet, quand un fameux pianiste exige qu’on vienne le chercher en hélicoptère à quelques dizaines de km du lieu du festival, d’avoir 2 pianos haut de gamme sur place,  pour les essayer puis, choisir celui sur lequel il jouera…. je me dis en effet qu’on ne vit pas sur la même planète. 

Pareil pour les Red Hot Chilli Peppers qui viennent avec 10 semi-remorques pour 1 concert, le seul en France ! certes ça créé la rareté de l’événement, donc augmente la demande.

50 000 places vendues en un temps record. 7000 bénévoles en plus qui ont accès au concert gratuitement. Je me dis que dans les 57 000 spectateurs ce soir là, tous n’habitaient pas à moins de 100km du festival.  

Alors comme tout le reste, la culture va devoir se ré-inventer, être créative, plus locale, plus sobre. 

Et pourquoi s’en prendre à la culture avant la consommation de viande rouge, l’usage de la voiture et la quantité de chauffage ? Parce que la culture est transversale, elle aborde tous les gros postes concernés : les transports en avion des artistes et du public, le repas des artistes et du public, l’entretien, le chauffage/climatisation des salles, le transport des oeuvres etc, etc.

Voilà ma petite prise de conscience, je n’ai pas de réponses, je pose juste le sujet. Comme souvent dans ces articles, je n’aurai pas de réponse. 

Pour que tout le monde soit détendu, mon écologie intérieure prime sur l’écologie globale (je ne vais pas transitionner longtemps sinon), je continuerai donc à aller dans d’autres villes pour voir une expo, un spectacle, un concert etc. d’artistes connus, ou non. Dans une ambiance intime ou avec quelques miliers de personnes. 

Je le ferai avec une autre conscience, en voyageant en train et avec une autre intention. 

Je continuerai de me nourrir d’art et de culture et à transmettre ça à mes filles, parce que c’est notre culture familiale et que l’écologie de ma famille et la mienne arrivent avant celle de l’environnement (toujours parce que sinon, je ne vais pas transitionner longtemps).